Couveuse, pépinière, incubateur, accélérateur, CAE : quelles différences, et laquelle choisir ?
Couveuse, pépinière, incubateur, accélérateur ou CAE : à quel moment de votre projet chacun intervient, pour qui, à quel prix et comment choisir.
La bonne question : où en est votre projet ?
Ces cinq mots désignent des structures qui accompagnent les créateurs. Elles se ressemblent de loin, mais elles n’interviennent pas au même moment et ne s’adressent pas aux mêmes projets.
Pour s’y retrouver, deux questions aident beaucoup :
- Votre entreprise existe-t-elle déjà ? En général, avant la création, on parle de couveuse ou de coopérative d’activité et d’emploi. Au moment de la création ou juste après, de pépinière. Une fois l’entreprise lancée, d’accélérateur.
- Votre projet est-il innovant, au sens d’une start-up ? Si oui, l’incubateur entre dans le jeu, avant la création ou pour lancer une nouvelle activité dans une entreprise existante.
Votre situation personnelle compte aussi. Un salarié à temps plein, par exemple, n’a pas accès aux mêmes formules qu’un demandeur d’emploi. Reprenons chaque structure.
La couveuse : tester avant de créer
La couveuse accueille des porteurs de projet dont l’entreprise n’est pas encore créée. Elle leur permet de tester leur activité en grandeur réelle : trouver des clients, vendre, facturer, sans immatriculer d’entreprise.
Ce test repose sur un contrat précis, le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Vous vendez sous le numéro Siren de la couveuse, qui prend en charge les formalités et la comptabilité. Le contrat dure un an au plus, renouvelable deux fois. Nous l’expliquons en détail dans notre page sur le contrat CAPE.
Pour qui ?
La fiche couveuse de Service Public cite les demandeurs d’emploi indemnisés (la fiche consacrée au CAPE dit simplement « demandeur d’emploi »), les bénéficiaires d’un minimum social, les salariés à temps partiel et les dirigeants associés uniques d’une SASU ou d’une EURL.
Combien ça coûte ?
Selon Service Public, la couveuse prélève une participation sur votre chiffre d’affaires, en moyenne de 10 %. L’entrée se fait sur dossier, puis entretien.
La coopérative d’activité et d’emploi : entreprendre en étant salarié
Une coopérative d’activité et d’emploi (CAE) permet elle aussi de tester une activité sans créer d’entreprise. La différence est de taille : la CAE peut devenir votre cadre durable, pas seulement une étape.
Le parcours se fait en général en deux temps. Vous signez d’abord un CAPE pour tester. Puis vous pouvez signer un contrat d’entrepreneur salarié associé (CESA), qui est un contrat à durée indéterminée. Vous devez ensuite devenir associé de la coopérative dans un délai de trois ans au plus ; selon l’Unédic, la durée du CAPE vient en déduction de ce délai.
En CESA, votre salaire a une part fixe et une part variable qui dépend de votre chiffre d’affaires. La CAE prélève une contribution sur ce chiffre d’affaires, en moyenne de 10 % selon Service Public, pour la comptabilité, la paie ou la formation.
Pour qui ?
Service Public indique qu’il faut être inscrit à France Travail au moment de candidater et ne pas être salarié à temps plein. Toutes les activités sont possibles, mais celles qui exigent l’inscription à un ordre professionnel sont difficiles à y développer. Une activité qui suppose de gros investissements, un bail commercial ou des embauches peut aussi être refusée.
La pépinière : s’installer une fois l’entreprise créée
La pépinière accueille des porteurs de projet et des créateurs qui viennent d’immatriculer leur entreprise. C’est à la fois un lieu de travail et un accompagnement. Contrairement à l’incubateur, elle n’est pas réservée aux projets innovants, même si certaines pépinières se spécialisent dans un secteur.
Elle apporte en général :
- des locaux à prix modéré : bureaux, ateliers ou postes de travail ;
- des services et équipements partagés, comme les salles de réunion ou la connexion internet ;
- des formations collectives, et parfois des entretiens individuels ;
- la mise en relation avec d’autres entrepreneurs qui vivent la même étape que vous, et avec des experts.
Durée et coût
Selon Service Public, l’accompagnement dure généralement 24 mois renouvelables une fois, ou 48 mois, avec un hébergement de quatre ans au plus. Le coût varie en général entre 150 € et 500 € par mois environ, selon l’accompagnement et la surface occupée. Ces prix sont indicatifs. Toujours selon Service Public, l’entrée passe par un dossier de candidature et un comité d’agrément.
Selon Service Public, les pépinières sont le plus souvent gérées par des collectivités territoriales, des chambres consulaires ou des organismes de développement économique.
L’incubateur : pour les projets innovants
L’incubateur accompagne des projets dits innovants : un caractère nouveau, un fort potentiel de développement et, selon Service Public, un budget de recherche et développement élevé. On parle souvent de start-up. L’incubateur est souvent situé au sein d’une université ou d’un pôle de recherche.
Il intervient au début du projet, au moment de boucler le business plan, juste avant l’immatriculation, ou pour une entreprise déjà installée qui lance une nouvelle activité. L’accompagnement dure en général de six mois à un an et demi : conseils, coaching, aide au business plan, mise en réseau, parfois des locaux.
Le coût est très variable : Service Public cite une fourchette indicative de 150 € à 500 € par mois environ. L’entrée se fait sur sélection, dossier puis entretien.
L’accélérateur : faire grandir une entreprise qui a trouvé son modèle
Selon Service Public, l’accélérateur s’adresse à des entreprises déjà créées, qui ont validé leur modèle économique et veulent grandir plus vite. Certains programmes font exception : Bpifrance propose par exemple un accélérateur qui accompagne des entrepreneurs jusqu’à la création de leur entreprise.
Il propose un accompagnement stratégique, du mentorat par des entrepreneurs expérimentés, un accès à des investisseurs et à des partenaires, et un appui pour le développement commercial, l’international ou la levée de fonds. Les accélérateurs sont portés par des acteurs publics comme Bpifrance, par de grandes entreprises, des écoles ou des structures privées.
Les cinq structures en résumé
- Couveuse : avant la création. Test en grandeur réelle sous contrat CAPE, tous types d’activité.
- CAE : avant la création, et éventuellement pour durer. Test sous CAPE, puis statut d’entrepreneur salarié associé.
- Pépinière : après la création. Locaux à prix modéré, services partagés, accompagnement, tous secteurs.
- Incubateur : projets innovants, avant la création ou pour une nouvelle activité. Aide au business plan, à la levée de fonds, mise en réseau.
- Accélérateur : surtout des entreprises déjà lancées qui veulent accélérer leur croissance.
Comment choisir selon votre situation
Vous êtes demandeur d’emploi ou salarié à temps partiel
Pour un projet classique, la couveuse et la CAE sont faites pour tester sans créer. Choisissez la couveuse si vous voulez créer votre propre entreprise à l’issue du test. Regardez la CAE si l’idée de rester salarié d’une coopérative vous convient.
Vous êtes salarié à temps plein
Ni le CAPE ni la CAE ne vous sont ouverts. Pour un projet qui n’est pas une start-up, Service Public indique qu’il n’existe pas de structure de test adaptée, mais vous pouvez vous faire accompagner. Si votre projet est innovant, un incubateur peut vous accueillir. D’autres façons de tester existent, comme la micro-entreprise sous conditions : nous les détaillons dans notre page tester son activité avant de créer.
Votre entreprise vient d’être créée
La pépinière est faite pour cette étape : un lieu de travail, des services partagés et des locaux à prix modéré, avec d’autres entrepreneurs autour de vous.
Votre projet est innovant
Tournez-vous vers un incubateur, puis vers un accélérateur quand le modèle aura fait ses preuves.
Ne pas entreprendre seul
Quelle que soit la structure, l’intérêt est de ne pas porter seul toutes les décisions. Les réseaux d’accompagnement complètent utilement ces lieux : BGE, Initiative France et son prêt d’honneur, Réseau Entreprendre et ses chefs d’entreprise accompagnateurs, France Active pour les projets à impact. La CCI ou la chambre de métiers et de l’artisanat sont aussi de bons premiers interlocuteurs.
Avant de vous engager, posez à chaque structure les mêmes questions : ce qui est compris dans le prix, la durée, le suivi individuel, et ce qui se passe à la sortie.
Couveuse et pépinière à Fayence avec Challl
Challl prépare les deux étapes du parcours dans le Var. Une couveuse d’entreprises, encore en préparation, pour tester votre activité sous CAPE. Et une pépinière d’entreprises à Fayence, elle aussi en préparation, avec coworking, bureaux, espace café et salle de réunion.
Le tarif envisagé pour la pépinière est de 129 € HT par mois pour une entreprise de moins d’un an, pendant un an renouvelable deux fois, puis de 199 € HT par mois. La pré-réservation est gratuite et sans engagement.
Pas sûr de la formule qui vous convient ? Présentez-nous votre projet, nous vous aiderons à y voir clair.
Questions fréquentes